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Une maison de la culture dédiée au Judaïsme à Debdou

05/03/2014 Non classé

À Debdou, Province de Taourirt dans l’Oriental, une convention pour la création d’une maison de la culture a été paraphée par le ministre de la Culture, Mohamed Amin Sbihi, et l’Agence de développement de la région de l’Oriental, la province de Taourirt et le conseil municipal de Debdou.

La particularité de cette localité est qu’elle a été, des siècles durant, la terre d’accueil des communautés musulmanes et juives. Debdou, une petite commune a en effet accueilli plus de 150 familles fuyant Séville à l’ère de l’Inquisition. D’ailleurs, les eaux d’une source, baptisée AïnChbilia, coulent toujours et rappellent ce que fut l’histoire de la communauté juive, très importante sur place jusqu’aux années 1950. «C’est aussi une localité où tout le monde se connaît.

Les contacts entre voisins sont courants. Juifs et musulmans cohabitent, ont des relations amicales, et partagent parfois les mêmes croyances en des Saints comme Sidi Bouknadil». À l’annonce du projet de la construction de la future maison de la culture, le Conseiller de S.M. le Roi, André Azoulay, a souligné l’impératif de préserver la diversité culturelle et la richesse du patrimoine historique et civilisationnel de la région : «Cette ville a toujours été un espace de civilisation qui a su préserver sa diversité culturelle avec notamment la présence de l’univers judaïque (…) Alors que le monde d’aujourd’hui est marqué par la régression, le repli et la fracture, le Maroc s’affiche comme un espace de résistance à toutes ces manifestations et un espace de lumière au reste du monde».

Lors de la parution, en janvier 2014, de l’ouvrage intitulé «Les Mémoires juives de l’Oriental», le Conseiller de S.M. le Roi avait estimé que la mémoire juive dans l’Oriental est la moins connue quoique l’une des plus importantes «Après la parution de ce livre qui contient de grandes histoires, on n’aura plus le droit de dire qu’on ne savait pas» avait conclu le Conseiller royal.

Pour sa part, le ministre de la Culture, Mohamed Amin Sbihi, a souligné que «Cette réalité qui se renouvelle nous impose de protéger et de valoriser les différents affluents du patrimoine et de la culture marocains, parmi lesquels le patrimoine juif est l’un des plus anciens». Pourtant, retracer l’histoire de Debdou n’est pas chose aisée en raison de la rareté des documents attestant son existence. «La Gaâda, qui porte le nom de Debdou, ne figure dans aucun texte écrit, antérieur à la domination des Mérinides qui ont succédé aux

Almohades (milieu du XIIe et du XIIIe siècles). L’origine de la communauté juive dans cette localité remonterait à la période almohade ou mérinide. Aux Juifs autochtones se sont ajoutés des Juifs expulsés d’Espagne lors des émeutes de 1391. Le quartier juif de Debdou fut érigé près d’une source considérée comme miraculeuse», peut-on lire dans un document publié sur l’un des nombreux sites Internet consacrés à l’histoire des juifs du Maroc.

Pour certains historiens, cet apport constitue «du sang neuf pour le Maroc». «Cette composante va permettre à cette ville de continuer à rayonner encore durant plusieurs siècles en dynamisant son commerce, mais aussi d’un point de vue culturel et religieux.

Debdou va ainsi connaître encore pendant plusieurs siècles un rayonnement sans aucune mesure avec sa taille», souligne l’historien Nahum Slouschz dans son ouvrage intitulé «Les Juifs de Debdou» paru en1913. Ainsi, la construction de cette maison de la culture sera un témoignage sur l’apport de la communauté juive, vieille de deux millénaires, à l’histoire séculaire du Maroc.

Source: Le Matin